Action contre la faim – Bonne nouvelle

Depuis quelques temps l’association Action contre la faim rediffuse sa campagne de communication créée en 2011 par l’agence Hémisphère Droit. L’occasion pour moi de vous parler un peu de cette campagne choc.

Action contre la faim a lancé cette campagne suite à un constat alarmant : en 2010, 925 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Et pourtant les gens ont tendance à se désintéresser de l’humanitaire. Pour y remédier, l’association nous donne une bonne claque.

La campagne a commencé avec des affiches où l’on pouvait voir un enfant famélique accompagné de la phrase « Bonne nouvelle ». Le visuel interpelle et dérange. On ne comprend pas le lien entre l’image et la phrase. Le fait de choisir un enfant permet de faire surgir en chacun un instinct de protection. Cet enfant ne va pas bien et cette phrase à côté de lui est révoltante. On réagit, on se souvient de l’image, on y pense. L’effet de teasing est parfaitement maîtrisé. Il avait également été adapté pour la télé en un spot de 10 secondes où l’on pouvait voir l’image du même enfant et toujours « Bonne nouvelle ».

Peu de temps après, le spot publicitaire complet a été révélé au grand public. L’image de l’enfant reste identique, mais cette fois-ci on entend des voix off qui s’apparentent à celles de téléspectateurs devant la publicité. Ceux-ci sont en train de râler parce qu’on passe ce type d’images à l’heure du repas. Le fait d’exprimer ces commentaires à voix haute peut paraître choquant mais je suis persuadée que beaucoup se sont fait la remarque plus ou moins consciemment. L’entendre, alors qu’on ne l’avait pas formulé, permet de réaliser la cruauté de ces propos indifférents au sort d’un enfant et au reste du monde en général. C’est assez génial d’arriver déjà à une étape de la prise de conscience sans jamais n’avoir formulé de phrases moralisatrices comme on a l’habitude de voir dans les pubs des associations.

Ensuite le spot se termine avec la phrase : « Bonne nouvelle, la faim est plus facile à guérir qu’à regarder » qui permet d’expliquer le teaser. La phrase est vraiment bien tournée. Tout d’abord elle permet d’éviter une communication négative avec, ce qui pourrait sembler, une pointe d’optimisme : oui la faim dans le monde est alarmante mais des solutions existent et elles sont faciles à mettre en place. Et ensuite elle permet de développer la prise de conscience amorcée pendant les premières secondes. Elle incite réellement à agir. Maintenant que la culpabilité est installée chez le téléspectateur, on lui apprend qu’il peut faire quelque chose (sans trop d’efforts), pour aider cet enfant.

Même si dans la réalité, les personnes qui traduiront cet état en actions concrètes sont assez rares, l’association fait connaitre sa lutte, et je pense que le résultat atteint sur le téléspectateur reste longtemps présent. La répétition est alors peut être la clé du déclic. Mais il faut qu’elle soit parfaitement maîtrisée pour que ces images ne deviennent pas aussi banales qu’une pub pour de la lessive.

Si vous aimez cet article, partagez-le. Merci. :)

Suivez-moi sur Facebook !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s